Alors que nous prenons nos marques dans notre nouvel environnement, nous sommes confrontés à deux bouleversements majeurs.
Le premier est choisi : nous avons adopté un chiot qui répond au nom de Tapio. Il s’agit d’un croisé Tervueren (berger belge) et Montagne des Pyrénées (Patou). Son nom est celui de l’esprit finlandais de la Forêt, nous espérons que cela lui assurera de se sentir à l’aise à la grange. C’est un grand bonheur même si on le soupçonne d’être plutôt un kangourou croisé piranha, et qu’il nous faut apprendre toutes les recettes secrètes pour communiquer avec ce futur grand chien.
Le second est subi : des orages de grêle sont tombés dans la région, sans doute dû au dieu Taranis (dieu celtique du Ciel et de l’Orage). La toiture de la grange a subi de lourds dégâts et s’est changée en passoire. Grâce à un concours de circonstances, un couvreur a pu intervenir rapidement et le toit est désormais bâché en attendant sa rénovation.
En parallèle, nous avons terminé une première version de la trappe pour séparer l’étage du haut et du bas : 3 x 2 m en bois récupéré. Les murs aux pierres bombées ne nous ont pas facilité la tâche mais nous avons désormais une ouverture fonctionnelle. Nous avons également rassemblé à la fourche une grande partie du foin qui couvrait le sol du 1er étage. Avec ses 130 m2 de surface, cela a créé une vraie dune ! Un autre chantier est en cours : le nettoyage de la caravane présente dans la grange. Spacieuse, elle ne demande qu’à être réaménagée pour nous accueillir les soirs d’été. Cependant, elle exige un récurage intensif car la faune locale y avait élu domicile en notre absence. Il nous faut donc transformer à nouveau ce nid de souris géant en habitat douillet pour humain.
Nous travaillons également sur l’extérieur de la grange. Les ronces reculent peu à peu et nous avons abattu certains arbres qui poussaient trop proches des murs.
Les monticules de gravats grandissent au fur et à mesure que nous détruisons les parpaings qui obstruaient l’ensemble des ouvertures. Le bas de la grange commence à respirer et c’était urgent après les quelques jours de pluie sans la protection du toit.
Nous avons déjà reçu l’aide de mes parents avec qui nous avons grandement avancé sur le nettoyage de la caravane, éradiqué de nombreuses ronces, évacué des monceaux de déchets(6 allers-retours à la déchetterie)… mais aussi profité de pique-niques reposants près du ruisseau et d’une promenade jusqu’à la chapelle avec vue sur les Puys.
Observer l’évolution du terrain au fil des mois est un enchantement. Les sureaux en fleurs sont magnifiques et, en plus des mûres, nous assurent la possibilité de faire des confitures dès cette année. Miam !
Nous avons enfin terminé la procédure d’achat de la grange : la vente a été signée en fin d’année dernière. Nous n’y croyons plus ! Il nous a donc fallu organiser notre départ pour le Puy-de-Dôme. Ne pouvant pas emménager directement dans la grange (non habitable), nous avons choisi de louer un appartement à Saint-Eloy-Les-Mines : une petite ville proche de Gouttières (15 mn en voiture) et avec toutes les commodités (boulangeries, restaurants, marché le samedi, bibliothèque, auto-école, etc.).
Le déménagement a été une sacrée course contre la montre. Nous avons trouvé un déménageur pour faire le trajet Paris –> Saint-Eloy-Les-Mines (environ 360 km), mais le chargement devait être terminé à 10 h et le déchargement à 16 h. Par ailleurs, le déménageur ne pouvait pas prendre de passagers. Heureusement, on nous a prêté main-forte. Marion, aidée par des proches matinaux et courageux, a chargé les 20 m2 du camion de 8 h à 9 h 30. De mon côté, j’ai pris le train de 6 h 30 jusqu’à Montluçon. Là, mes parents (descendus de Haute-Savoie) m’ont récupéré en voiture. De Montluçon, nous nous sommes rendus à Saint-Eloy où le camion nous attendait avec toute notre vie en cartons. Un grand merci à tous ceux qui ont participé à cette journée marathon.
ParisSaint-Eloy
La transition avec Paris s’est faite avec ses hauts et ses bas. Pour les bas, il y a eu d’abord l’accueil avec une tempête de neige et un vrombissement continu de l’usine installée dans la ville. À notre grand soulagement, il s’est interrompu au bout de quinze jours. Il y a eu aussi l’interruption du travail de Marion, son entreprise refusant que son poste soit réalisé à distance à plein temps. L’éloignement avec nos amis nous peine aussi, mais cela nous fait de bonnes excuses à tous pour voyager. Pour les hauts, qui perdurent, il y a la nature à deux pas, la disponibilité d’une multitude de services à pieds et la proximité du Bancal : un bar associatif où nous avons vite pris notre adhésion annuelle (à prix libre). C’est un lieu qui organise des événements (soirées jeux, lectures engagées, cantine participative, concerts, etc.) et qui permet mille rencontres enrichissantes. Mais le principal atout de cette petite ville reste sa grande proximité avec la grange ! Les premières tâches se sont enchaînées depuis notre arrivée : ouverture des fenêtres murées pour chasser l’humidité de rez-de-jardin, débroussaillage autour du bâtiment, nettoyage de l’ouverture entre le haut et le bas pour y placer une trappe, rencontre avec des couvreurs pour établir des devis… On ne s’arrête plus et vous le découvrirez dans le post suivant !
Depuis le 19 octobre, aucun article sur le blog. C’est que nous retenions notre souffle, entre les échanges de mails administratifs comme autant d’énigmes du Sphinx. Rien n’est encore plié mais nous respirons mieux.
Voici donc notre odyssée administrative. Attention, cette lecture peut donner le mal de mer ou vous impatienter. Munissez-vous d’un café, d’une tisane ou du réconfort de votre choix. Pour ceux qui bâillent déjà, vous pouvez directement aller aux photos plus bas.
Les actrices et acteurs : a) Notre notaire et le notaire du vendeur Nous avons choisi d’avoir deux notaires : celui choisi par le vendeur, et celle que nous avons choisi. C’est un choix peu courant sur ce type de bien (au prix bas), mais nous souhaitions un notaire propre, un guide dans ce premier achat immobilier. Si nous revenions en arrière, pas certain que nous referions le même choix. Avoir deux notaires a sans doute rallongé les délais, le temps que la communication s’établisse entre eux ou, en jouant les cyniques, du fait du faible montant des frais. Qu’il y ait un ou deux notaire, n’augmente pas les frais notariaux. Ils sont simplement partagés en deux, soit 1 500 euros chacun pour notre dossier. b) L’agent immobilier Très réactive et disponible, elle nous a grandement aidés à garder patience et courage. c) Le vendeur Un homme mystérieux, que personne n’a jamais rencontré. d) Les acheteurs Vos serviteurs, un couple formé d’un Haut-Savoyard, monté à la capitale pour devenir libraire puis développeur ; et une francilienne (oui, oui, ça se dit) qui édite des livres pour enfants.
Les étapes administratives franchies : 1° L’offre Nous avons fait une offre d’achat le 28 septembre 2020, contresignée par le propriétaire et l’agent immobilier.
2° Le compromis de vente Ce document engage juridiquement les deux parties. Il inscrit toutes les conditions de la vente : prix, délai, état du bien, etc. La première étape a donc été, dès octobre, d’établir les critères du compromis avec les notaires. Doivent notamment figurer, les conditions suspensives qui, comme leurs noms l’indiquent, conditionnent la réalisation de la vente. Elles protègent les deux parties et leur donnent des sueurs froides. La majeure partie du temps, ces clauses portent sur l’obtention du prêt bancaire. Comme nous réglerons comptant, l’important est pour nous d’être assurés que le bâtiment pourra changer d’usage : passer d’un bien agricole à une habitation avec les aménagements que nous prévoyons (autonomie en énergie grâce à des panneaux solaires, rénover la couverture du toit en bac acier, assainissement individuel en phytoépuration, etc.). Pour assurer ce changement d’usage, la DDT (qui instruit le dossier à la place de la marie) préconise que nous déposions une demande de permis de construire (l’usage veut que, souvent, une simple demande préalable de travaux suffisse, mais nous jugeons sage de suivre les recommandations des autorités locales). Nous établissons donc avec notre notaire, les conditions suspensives suivantes : – l’obtention du permis de construire, qui peut prendre 3 mois après le dépôt (pour le déposer, nous avons besoin de joindre le compromis de vente signé, attestant ainsi que le propriétaire actuel autorise cette demande). – le délai de recours des tiers (soit l’éventuelle opposition d’une personne à ce permis de construire) qui est de 2 mois à compter du constat de l’affichage sur le bien immobilier (la grange) du panneau attestant de l’obtention du permis.
Le compromis inclut aussi les diagnostics, soit la liste de tous les ingrédients d’un film d’horreur immobilier (mérule, plomb, termites, etc.). Le hic, c’est que pour un bien à usage agricole, aucun diagnostic n’est obligatoire. Nous enquêtons, plongeons dans l’univers des terrifiants nuisibles. Seul point noir au tableau : l’amiante. Nous savons depuis l’offre, grâce à une expertise transmise par l’agent, qu’une partie de la toiture est amiantée. Qu’en est-il de l’intérieur ? L’agent n’avait pas pu faire visiter l’étage inférieur pensant qu’il n’y avait aucun accès. C’était sans compter sur les petits fouineurs que nous sommes, nous lui avons donc indiqué un moyen de descendre dans les profondeurs de la grange. De nouvelles analyses sont faites et le second rapport arrive dans nos boîtes mails le 21 janvier.
Une image de paperasse pour vous plonger dans l’ambiance
Ouf ! Les experts disent que l’intérieur est sain. Nous communiquons l’information à la notaire pour finaliser la rédaction du compromis.
Le temps passe… lentement. Le 23 février, alléluia, le compromis de vente arrive ! Soulagés, nous le relisons avec application.
Autre visuel soporifique de paperasse
Une erreur apparaît dans cette première version du compromis : l’amiante de la toiture n’est mentionnée nul part. La correction ne devrait pas être longue, non ? Nous relançons notre notaire… Le 15 mars, nous apprenons qu’une nouvelle version du compromis est prête mais que le vendeur a des hésitations mystérieuses. Rémi reste déterminé, malgré les 5 mois d’attente. De mon côté, la panique gagne : devons-nous nous désengager de cette vente qui s’éternise ? Le 30 avril, l’agent qui a remué ciel et terre, nous dit que le vendeur a changé de notaire et accepte finalement le compromis. Tout est prêt pour que le notaire flambant neuf du vendeur (qui a procuration) nous envoie le compromis signé. Nous attendons une, deux, trois semaines… Rien à l’horizon sauf le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. Nous obtiendrons finalement le papier… le 12 juin. On signe plus vite que nos ombres !
Le temps d’obtenir un accusé du notaire et de régler les premiers frais notariaux, la fin juin arrive. Nous pouvons enfin déposer le permis de construire !
3° Le permis de construire Pendant toute cette attente, nous n’avons pas chômé ! Avec l’aide indispensable de Diane, une amie experte des permis de construire, Rémi a confectionné un dossier aux petits oignons : – la demande dûment renseignée (les dossiers de demandes sont disponibles sur le site du servicepublic. Les demandes de permis contiennent des sections techniques dont Diane a déchiffré le code secret pour nous. Pour certaines informations, Rémi a sondé la Direction Départementale des Territoires, le syndicat des eaux Sioule et Morge et la Mairie de Gouttières. – le dossier graphique qui doit accompagner la demande, avec les plans avant/après travaux, les photos de situation, emplacement cadastrale, etc. Grâce à ses études d’architecture, Diane nous a aidé à faire les plans pour le dossier graphique. – l’accord pour l’assainissement individuel en phyto-épuration (suite à l’étude du cabinet Aquaritis et l’accord du syndicat des eaux Sioule et Morges).
Enfin, surexcités, nous envoyons le dossier en recommandé à la mairie le 12 juillet ! Deux jours plus tard, une adjointe nous appelle : nous avons oublié de signé la demande de permis… Vite, vite, nous réimprimons et renvoyons les deux pages concernées avec nos dédicaces.
Le 25 juillet, direction les vacances ! Nous plions bagage, en parlant de la grange avec des “si”. Si la demande de permis est rejetée, nous devrons peut-être abandonner ce projet… Si elle est acceptée, nous pourrons envisager de fuir la capitale. Entre la Haute-Savoie et Lyon, chez nos parents, nous jouons aux enfants gâté·e·s et nous relaxons. Le 3 août, nous arrivons en Auvergne pour 15 jours à crapahuter. Nos parents respectifs ont aussi prévu de passer pour visiter la grange. Le 4 août, nous rendons visite à la vieille dame et la rendons présentable, nettoyant les déchets laissés au 1er étage par les squatteurs animaux et humains. La bâtisse en impose et, si son histoire est encore floue, nous avons l’impression de mieux la connaître à chaque visite. Je prends l’habitude de la saluer en arrivant.
On récupère
On nettoie
Avant
Après
La pyramide de sacs
Le 5 août… un mail libérateur. Rémi doit me répéter l’information 3 fois pour qu’elle percute mes neurones : le permis est accordé ! Les parents de Rémi nous rejoignent le 6 août : de vrais aventuriers qui documentent le lieu de superbes photos et mettent déjà la main à la pâte.
Véronique, la mère de Rémi, déjà au meilleur point de vue
La mère de Rémi, fin prête !
Descente aux Enfers
Nous l’avions interdit, mais ils font déjà le sale boulot : vider les frigos !
Pause devant l’étang
Père et fils sur le terrain
Après leur départ, nous filons à Montluçon pour récupérer gratuitement à Brico Dépôt le panneau du permis de construire. En effet, certaines enseignes les donnent contre la preuve de l’obtention du permis . Pour ouvrir le délai de recours au tiers, il faudra que l’affichage soit prouvé pendant toute la durée du délai (soit 2 mois). Il y a plusieurs solutions pour prouver l’affichage du panneau, mais la plus probante est un constat d’huissier qui passera 3 fois sur le lieu – au début, au bout d’un mois et au bout de deux mois (coût pour nous 459 euros).
Le 11 août, juste avant la fin de notre séjour en Auvergne, ce sont mes parents qui viennent rencontrer la grange et réaliser l’ampleur et le potentiel du projet ! Nous savons notre chance de pouvoir compter sur le soutien de nos proches pour la réalisation de ce futur refuge rêvé depuis si longtemps.
Découverte de la grange par les parents Jagu
Sur la route bordée de haies vives
Visite de la chapelle du Montagard d’où on peut voir la chaîne des puys
Ce jeudi 15 octobre, alors que l’ambiance est morose (annonce du couvre-feu), nous retournons planifier un futur plus vert dans le Puy-de-Dôme. Rendez-vous est pris le lendemain avec un expert d’Aquatiris (spécialiste de l’assainissement par phyto-épuration) dont l’étude est essentielle pour notre permis de construire.
Le trajet Paris-Clermont nous réserve une surprise : notre TER s’arrête dans la nuit en gare de Montargis, un colis suspect est à bord. La bonne ambiance règne parmi les voyageurs qui dansent pour se réchauffer en attendant les démineurs. Deux heures plus tard, le train redémarre et nous arrivons, les paupières lourdes, à Clermont.
Le vendredi, Rémi au volant, nous traversons des paysages brumeux dans une atmosphère fantastique. Nous retrouvons enfin les pierres chaudes de la grange avec plaisir ! L’expert d’Aquatiris nous attend, prêt pour l’étude. On apprend que le sol a une pente (raisonnable) d’au moins 5 % tout autour du bâtiment : cela permet d’envisager facilement l’installation du bloc de phyto-épuration. Le coût de l’étude (comprenant l’analyse des sols et la réalisation du dossier d’assainissement) est de 580 euros. Nous achèterons sans doute ensuite leur kit, bien pratique, d’auto-construction à 3 500 euros. C’est un pôle non négligeable de notre budget ! Un petit hic à résoudre : trouver les graviers typiques pour le fond du bac, qui ne sont pas produits dans les carrières de la région. L’expert est très optimiste sur le dossier et nous laisse entendre que ce bien est un bon investissement. Nous rentrons rassurés par ce premier regard de spécialiste.
Le lendemain, nous avons nos deux premiers visiteurs : mon petit-frère Matthieu et sa compagne Diane (urbaniste et architecte de formation ; aussi chouette que son conjoint). Leurs regards seront déterminants. La pluie nous accompagne sur le chemin, dans une ambiance joyeuse. À l’arrivée, nos invités descendent courageusement l’échelle qui mène à la partie basse de la grange. Cette fois, nous sommes équipés de lampe-torches et de télémètres : de vrais archéologues ! Nous nous changeons en fourmis. Matthieu et Rémi prennent des mesures, pendant que Diane trace les plans, et que je photographie la moindre pierre.
Le plafond du rez-de-chaussée se révèle suffisamment haut (2,50 m environ), et Diane nous confirme qu’il est bien solide, comme le sol. Nous somme soulagés : nous pouvons envisager de les conserver. Elle nous donne de précieux conseils et propositions d’aménagements. Nous saluons une chauve-souris et prenons de nouvelles mesures au 1er étage, puis réouvrons la caravane qui, après un récurage intense, deviendra notre abri pour les week-ends de travaux.
Nous allons voir l’autre partie du terrain (celle de 6 500 m2) ou du défrichage nous attendra… sans doute avec l’aide de moutons ou de chèvres (le débat est bruûûlant).
Une bonne nuit, de grandes rigolades, et des délicieux fromages auvergnats plus tard, nous reprenons le train vers Paris. Diane aide Rémi à étudier le dossier de permis de construire, pendant que Matthieu écrit son scénario de jeux de rôles, et que je rêve de la prochaine visite !
La petite info : trois espèces protégées cohabitent sur la zone de la grange. La libellule caloptéryx vierge méridional (1re photo) La libellule cordulie à corps fin (2e photo) La loutre commune (3e photo)
Suite à la visite du weekend, nous demandons quelques informations à l’agence immobilière. Celle-ci nous procure alors un Certificat d’Urbanisme délivré en 2020 qui établit que le projet de conversion de la grange en habitation est possible. Le terrain est desservi par l’eau potable, l’électricité et la voirie. Seul l’assainissement n’est pas en place. D’autres défauts nous sont signalés, notamment au niveau de la couverture du toit. Celle-ci est à reprendre et est au moins en partie amiantée (sans doute par l’un des deux types d’ardoise sur le toit).
Mis à part la couverture, tous nos critères sont cochés !
La charpente et les murs sont en excellent état.
La partie basse, que nous habiterions, présente de nombreuses fenêtres et ouvertures.
La position géographique du lieu nous séduit totalement : la grange est au milieu d’un bois, sans culture intensive accolée, un étang est à proximité. Elle est un peu isolée mais à 20 mn en vélo seulement d’une ville avec tous les services.
Le terrain atteint presque 1 hectare et est en friche, donc avec une grande biodiversité et un sol vivant ; et est traversé par un ruisseau avec un bon débit. Pour les curieux, le terrain est classé “ZNIEFF 1″*
Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, la bâtisse a un charme indéniable.
Nous nous décidons alors à faire une offre à 26 000€ pour la grange, l’ensemble des terrains, dont celui de 6 500 m2 qui n’était pas compris dans l’offre initiale, ainsi que la caravane. Après 36 h de suspens intense, l’offre est acceptée ! Nous signalons à l’agence que nous souhaitons mettre l’obtention du permis de construire (nécessaire, dans ce cas, pour changer la destination) comme clause suspensive pour le compromis de vente.
C’est alors notre Odyssée qui commence. Nous appelons la mairie qui nous fournit les contacts nécessaires à la bonne réalisation du projet : la DDT (direction départementale du territoire) qui étudie les dossiers de permis de construire ainsi que le Syndicat des eaux local. Il nous faut en effet, pour être en mesure de déposer le permis de construire, obtenir un certificat de conformité pour l’installation d’un assainissement individuel. Les coups de fils s’enchaînent et nous obtenons les informations suivantes :
Si nous n’utilisons que la partie étable comme logement et que nous utilisons la partie haute comme garage, notre projet est en dessous des 150 m2 fatidiques qui nous obligeraient à passer par un·e architecte.
Pour l’assainissement, il nous faut donc un certificat de conformité afin de déposer le permis de construire. Nous avons donc contacté Aquatiris, le bureau d’étude français spécialiste dans la phyto-épuration individuelle.
Nous attendons désormais les documents du Syndicat des eaux comprenant un dossier que nous remplirons avec Aquatiris lors d’une analyse des sols. Le projet de phyto-épuration sera alors dimensionné et défini. Il nous faudra par la suite renvoyer ce dossier complété au Syndicat afin d’obtenir le précieux sésame et ainsi pouvoir déposer le permis de construire. Aquatiris doit également nous recontacter, la personne du secteur étant débordée en ce moment.
Dans l’intervalle, nous avons quelques plans à dessiner pour le dossier.
* ZNIEFF 1 (Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique) : espaces homogènes écologiquement, définis par la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou d’habitats rares, remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel régional. Ce sont les zones les plus remarquables du territoire.
Après des mois de recherches, qui ont vu se succéder une série d’échecs et de déceptions, notre projet d’écolieu fait enfin un grand pas en avant ! Le 23 septembre 2020, une annonce apparaît dans mes alertes LeBonCoin de Rémi, avec le mot clé “ruisseau” : une grange de 137 m2 au sol en vente pour 26 000 € à Gouttières dans le Puy-de-Dôme, sur 2 800 2 de terrain avec la possibilité d’acquérir 6 500m2 supplémentaires. Quelques échanges par mail plus tard avec l’agence immobilière, nous décidons de programmer une visite pour le samedi 3 octobre. L’agent ne pourra pas venir, mais elle nous invite à faire la visite seuls, en nous précisant qu’elle n’a jamais eu accès à la partie inférieure de la grange, une étable condamnée car squattée par le passé. Prêts à tout pour voir l’ensemble du bien, nous espérons trouver un moyen d’accéder à la partie condamnée une fois sur place.
Nous prenons donc le train le samedi matin à 8 h, arrivons à Clermont-Ferrand (où nous avions passé le dernier jour des vacances d’été) vers 12 h 30 et, poussés par la faim, nous découvrons un restaurant formidable (le B Bistrot) qui place ce séjour sous les meilleurs auspices.
Après quelques minutes de marche, nous atteignons le loueur de voiture et partons en direction de Gouttières, dans le nord du Puy-de-Dôme. La route est agréable et me rappelle les petites routes de ma Haute-Savoie natale. Après une heure de route, la grange apparaît au détour d’un virage.
Tout de suite, nous sommes séduits par les pierres qui la composent. D’une belle couleur dorée, même sous la grisaille de ce jour pluvieux, elle apporte de la chaleur au paysage. Nous faisons le tour de l’étable qui est murée sans trouver de point d’entrée. Nous nous dirigeons alors vers la partie supérieure pour explorer la grange. Il nous faut soulever une porte de garage de fortune pour entrer.
La grange ayant été occupée illégalement, nous découvrons un triste spectacle. Une caravane, en état correct, trône dans la pièce, porte ouverte. Autour d’elle, gisent un frigo, des outils, beaucoup de paille et de détritus. Nous enjambons ce bazar afin d’effectuer nos mesures… quand le sol se dérobe sous mes pieds. Une palette en équilibre et des matelas gonflables dégonflés masquaient un trou permettant d’accéder à la partie étable. Nous constatons qu’il n’est pas très profond et qu’un tas de foin cache une échelle. Marion décide d’y descendre. Si l’échelle n’est pas en bon état, je pourrai toujours la remonter. L’inverse aurait été plus compliqué. Elle s’assoit sur le bord de l’abîme et se laisse tomber dans l’inconnu. Le tas de paille amorti sa chute et l’échelle est en bon état, me permettant par la suite de la rejoindre sans difficulté.
Nous explorons alors l’étable, constituée de 3 pièces. Les murs les découpant ont été percés (par l’ancien propriétaire ? par les squatteurs ?) nous permettant ainsi de passer d’une pièce à l’autre. L’ensemble est en bon état, les murs sont secs et nous ne constatons pas d’odeur de moisi qui aurait pu nous inquiéter. Quelques chauves-souris font la siestes, perchées au plafond.
Nous remontons pour explorer le terrain, notamment les 6 500 m2 supplémentaires. Comme vous pouvez le voir sur le plan, le terrain fait un long chemin qui suit un ruisseau jusqu’à une partie plus importante. Tout nous séduit. Les terrains sont pleins de promesses, le ruisseau coule plus que ce que nous pensions et la végétation est déjà d’une belle diversité.
Après quelques prises de mesures, nous reprenons la route pour Clermont, des projets plein la tête et une décision à prendre.