Entrée 6 : Tapio et Taranis

Alors que nous prenons nos marques dans notre nouvel environnement, nous sommes confrontés à deux bouleversements majeurs.

Le premier est choisi : nous avons adopté un chiot qui répond au nom de Tapio. Il s’agit d’un croisé Tervueren (berger belge) et Montagne des Pyrénées (Patou). Son nom est celui de l’esprit finlandais de la Forêt, nous espérons que cela lui assurera de se sentir à l’aise à la grange. C’est un grand bonheur même si on le soupçonne d’être plutôt un kangourou croisé piranha, et qu’il nous faut apprendre toutes les recettes secrètes pour communiquer avec ce futur grand chien.

Le second est subi : des orages de grêle sont tombés dans la région, sans doute dû au dieu Taranis (dieu celtique du Ciel et de l’Orage). La toiture de la grange a subi de lourds dégâts et s’est changée en passoire. Grâce à un concours de circonstances, un couvreur a pu intervenir rapidement et le toit est désormais bâché en attendant sa rénovation.

En parallèle, nous avons terminé une première version de la trappe pour séparer l’étage du haut et du bas : 3 x 2 m en bois récupéré. Les murs aux pierres bombées ne nous ont pas facilité la tâche mais nous avons désormais une ouverture fonctionnelle. Nous avons également rassemblé à la fourche une grande partie du foin qui couvrait le sol du 1er étage. Avec ses 130 m2 de surface, cela a créé une vraie dune ! Un autre chantier est en cours : le nettoyage de la caravane présente dans la grange. Spacieuse, elle ne demande qu’à être réaménagée pour nous accueillir les soirs d’été. Cependant, elle exige un récurage intensif car la faune locale y avait élu domicile en notre absence. Il nous faut donc transformer à nouveau ce nid de souris géant en habitat douillet pour humain.

Nous travaillons également sur l’extérieur de la grange. Les ronces reculent peu à peu et nous avons abattu certains arbres qui poussaient trop proches des murs.

Les monticules de gravats grandissent au fur et à mesure que nous détruisons les parpaings qui obstruaient l’ensemble des ouvertures. Le bas de la grange commence à respirer et c’était urgent après les quelques jours de pluie sans la protection du toit.

Nous avons déjà reçu l’aide de mes parents avec qui nous avons grandement avancé sur le nettoyage de la caravane, éradiqué de nombreuses ronces, évacué des monceaux de déchets(6 allers-retours à la déchetterie)… mais aussi profité de pique-niques reposants près du ruisseau et d’une promenade jusqu’à la chapelle avec vue sur les Puys.

Observer l’évolution du terrain au fil des mois est un enchantement. Les sureaux en fleurs sont magnifiques et, en plus des mûres, nous assurent la possibilité de faire des confitures dès cette année. Miam !

Rémi

Entrée 5 : L’arrivée à Saint-Eloy

Nous avons enfin terminé la procédure d’achat de la grange : la vente a été signée en fin d’année dernière. Nous n’y croyons plus ! Il nous a donc fallu organiser notre départ pour le Puy-de-Dôme. Ne pouvant pas emménager directement dans la grange (non habitable), nous avons choisi de louer un appartement à Saint-Eloy-Les-Mines : une petite ville proche de Gouttières (15 mn en voiture) et avec toutes les commodités (boulangeries, restaurants, marché le samedi, bibliothèque, auto-école, etc.).

Le déménagement a été une sacrée course contre la montre. Nous avons trouvé un déménageur pour faire le trajet Paris –> Saint-Eloy-Les-Mines (environ 360 km), mais le chargement devait être terminé à 10 h et le déchargement à 16 h. Par ailleurs, le déménageur ne pouvait pas prendre de passagers. Heureusement, on nous a prêté main-forte. Marion, aidée par des proches matinaux et courageux, a chargé les 20 m2 du camion de 8 h à 9 h 30. De mon côté, j’ai pris le train de 6 h 30 jusqu’à Montluçon. Là, mes parents (descendus de Haute-Savoie) m’ont récupéré en voiture. De Montluçon, nous nous sommes rendus à Saint-Eloy où le camion nous attendait avec toute notre vie en cartons. Un grand merci à tous ceux qui ont participé à cette journée marathon.

La transition avec Paris s’est faite avec ses hauts et ses bas. Pour les bas, il y a eu d’abord l’accueil avec une tempête de neige et un vrombissement continu de l’usine installée dans la ville. À notre grand soulagement, il s’est interrompu au bout de quinze jours. Il y a eu aussi l’interruption du travail de Marion, son entreprise refusant que son poste soit réalisé à distance à plein temps. L’éloignement avec nos amis nous peine aussi, mais cela nous fait de bonnes excuses à tous pour voyager. Pour les hauts, qui perdurent, il y a la nature à deux pas, la disponibilité d’une multitude de services à pieds et la proximité du Bancal : un bar associatif où nous avons vite pris notre adhésion annuelle (à prix libre). C’est un lieu qui organise des événements (soirées jeux, lectures engagées, cantine participative, concerts, etc.) et qui permet mille rencontres enrichissantes. Mais le principal atout de cette petite ville reste sa grande proximité avec la grange ! Les premières tâches se sont enchaînées depuis notre arrivée : ouverture des fenêtres murées pour chasser l’humidité de rez-de-jardin, débroussaillage autour du bâtiment, nettoyage de l’ouverture entre le haut et le bas pour y placer une trappe, rencontre avec des couvreurs pour établir des devis… On ne s’arrête plus et vous le découvrirez dans le post suivant !

Rémi